Un hôte indésirable avait commencé à envahir le plancher de l’abbaye “la Mérule Pleureuse” un champignon qui pourrait devenir trés dangereux.
La Mérule pleureuse ou Mérule domestique (appelée ainsi dans le langage courant, Champignon des maisons) est, en effet, l’un des plus fréquents et des plus redoutables des ennemis de nos habitations.
Hôte des locaux humides , la Mérule est responsable d’une pourriture des bois ouvrés (poutres, charpentes, planchers, mobilier…) bois qu’elle altère profondément, provoquant une pourriture cubique, brune et friable, qui s’écrase en poudre sous la pression des doigts.

La Mérule Pleureuse est formée de filaments mycèliens trés fins (ou hyphes) de 1 à 7 millièmes de millimètre de diamètre. Certains de ces filaments pénètrent dans la masse du bois, perforent les cellules pour passer de l’une à l’autre et se nourrir ; d’autres vont rester en surface, s’enchevêtrer plus ou moins pour donner une sorte de toile rappelant une toile d’araignée.
Lorsque les conditions sont favorables, le champignon donne naissance à des coussinets, à des plaques blanches à l’aspect duveteux. Sur ces formations, pourront apparaître des plages jaunâtres qui se couvriront de gouttelettes très réfringentes, rappelant les larmes, d’où la dénomination des lacrymans, donnée à cette espèces.
l

Le rythme de croissance de la Mérule Pleureuse est d’environ de 30 cm par jour. Lorsque les conditions sont particulièrement favorables (lumière, humidité, température), coussinets et plages blanches cotonneuses donnent naissance aux fructifications qui vont s’étaler à la surface du bois, parfois du sol, des murs. Elles se présentent sous forme de plaques rondes, elliptiques ou de forme quelconque, et peuvent dépasser 1 mètre de diamètre. La bordure blanche, mesure environ 1 centimètre d’épaisseur et reste stétile. Le centre, coloré en jaune, formé d’alvéoles plus ou moins régulières, constitue la partie fertile ou hyménium ; il prend une teinte brun rouille avec la formation des basidiospores émises par milliards à la surface des alvéoles.

Devant l’urgence, la Municipalité, les Bâtiments de France et le Conseil Général ont immédiatement pris des mesures curatives en démontant les bancs et planchers de l’Abbaye. Le plancher fut ensuite brulé planche par planche, par une équipe de spécialiste.

Les boiseries des bancs une fois sèches, il faudra appliquer en surface, par badigeonnage ou pulvérisation, un produit fongicide agrée pour cet usage.
Sol, murs, maçonneries diverses n’échapperont pas aux traitements.